Alain

Diagnostiqué en 2016

Alain a un magasin d’alimentation de produits de luxe dans le centre de Bruxelles. Il aime la belle vie. Pendant sa chimiothérapie – de juillet à octobre – il a pris dix kilos. Et son cancer ? Il a diminué de quatre-vingts pour cent. C’est maintenant le fils d’Alain qui tient le magasin, il a donc davantage de temps libre.

Ce qui m’a aidé ? J’ai des amis qui ont brûlé des chandelles dans des temples en Thaïlande. Mon fils me donne des huiles essentielles. Personnellement, je crois plus à ma chimiothérapie. Mais peut-être était-ce autre chose ? Ce qui compte le plus, c’est de croire à sa guérison.

Vous trouverez ici les expériences, les idées et les points de vue de témoins individuels. Votre pourriez avoir une situation personnelle toute autre qu’eux. Voilà pourquoi ces idées ne pourraient pas fonctionner pour vous.

Le parcours de Alain

  • L’amie d’Alain prend rendez-vous chez le pneumologue parce qu’il tousse sans arrêt.
  • Le PET-scan révèle un cancer dans le poumon droit.
  • Les deux premières séances de chimio sont un succès.
  • Les deux suivantes aussi : le cancer a diminué de 80 pour cent.
  • Les vingt pour cent restants seront éliminés par 30 séances de radiothérapie.

Je toussais depuis quelques temps déjà. Quelques mois, même. Je pensais que c’était à cause des cigarettes que je fumais de temps en temps. Car j’avais recommencé à fumer, après avoir arrêté pendant 26 ans. Je fumais deux à trois cigarettes par jour. Ma toux inquiétait mon amie, qui a pris rendez-vous chez le pneumologue au début du mois de juin.

Le scanner a révélé que j’avais une tache sur les poumons. Un PET-scan a ensuite fourni la réponse définitive : j’avais un cancer au poumon droit. La maladie était déjà à un stade avancé car la moitié de mon poumon droit était atteinte. Le pneumologue m’a orienté vers un oncologue, chez qui j’ai immédiatement commencé une chimiothérapie. J’ai d’abord eu deux séances, à trois semaines d’intervalle. Bonne surprise : le cancer avait déjà bien reculé après deux chimios à peine. L’oncologue m’a ensuite conseillé deux séances de plus, qui sont maintenant terminées. Et le cancer a à nouveau beaucoup diminué.

Les médecins se sont concertés et ont décidé de ne poursuivre que la radiothérapie. Ils veulent éradiquer le reste de la maladie en trente séances. J’ai bon espoir, vu que quatre-vingts pour cent du cancer ont déjà disparu entre juillet et octobre. En trois mois environ. Maintenant, les vingt pour cent restants.

Je m’attendais à un traitement de plusieurs années. Mais il s’avère que la maladie déjà bien reculé. C’est formidable. Si tout continue à bien se passer, le traitement sera peut-être définitivement terminé dans six mois. Je suis confiant.

ÉMOTIONS

Avant, on pouvait fumer à l’hôpital

J’ai eu de la chance. Il y a peu, j’ai demandé à mon oncologue ce qui se serait passé si mon amie n’avait pas pris ce rendez-vous chez le pneumologue. Et bien, je n’aurais plus eu que trois mois à vivre au maximum. Je ne serais donc plus là aujourd’hui.

Cela fait réfléchir. Depuis lors, j’ai eu 60 ans. Il est donc temps de mettre certaines choses en ordre. Ma succession pour dire ce qui est. Et que fallait-il faire de mon magasin ? Tout cela vous passe soudainement par la tête.

Depuis quelques temps, je relativise davantage. Mais quand même... Parfois, je m’énerve encore pour des banalités. Les gens dans le trafic, par exemple. Je me dis alors : “Au nom du ciel, pourquoi donc t’énerves-tu ?”.

Je ne regrette rien. J’ai toujours vécu comme je le souhaitais. Mais je regrette ma première période de tabagisme. J’ai beaucoup fumé entre 15 et 35 ans. Deux paquets par jour ! Quand on pense à tout ce qu’on pouvait faire auparavant... On pouvait même fumer à l’hôpital. Avec ma première femme, on fumait dans la voiture et à la maison. Je me sens coupable vis-à-vis de mes fils. Heureusement, aujourd’hui on fait beaucoup plus de prévention. C’est logique, avec tout ce que l’on sait sur la cigarette et le cancer.

Mon fils aîné fume aussi malheureusement. C’est comme ça quand les deux parents sont d’incorrigibles fumeurs. J’ai pu dissuader le plus jeune de fumer. Cela fait partie de nos responsabilités de parents. Car les enfants pensent souvent que fumer est un signe de maturité.

FAMILLE & AMITIÉ

Ma famille m’a encouragé

J’ai l’impression que c’est mon entourage qui a eu le plus grand choc. Mes deux fils ont complètement perdu les pédales. Cela m’a beaucoup touché. Tout comme la réaction de mon amie. Elle avait perdu son premier mari cinq ans plus tôt suite à un cancer du foie.

Je me suis battu dès le début. Je ne voulais laisser tomber personne. C’est pourquoi je les ai rassurés dès le départ : je vais guérir. Je ne voulais faire de peine à personne, en mourant et en disparaissant. Je devais m’en sortir. Pour eux. La mort elle-même ? Elle ne me faisait pas vraiment peur. Bien sûr, je voulais bien vivre encore 25 ans, hein.

Mes fils, ma femme, mon neveu me sont tombés dans les bras... J’ai été très surpris de leur réaction. Leurs preuves d’amour m’ont encouragé – et c’est toujours le cas. Ils m’ont aidé à accepter la chimiothérapie. Nous allons toujours en groupe chez l’oncologue. Et nous sommes euphoriques lorsque nous entendons que le cancer recule lentement. Nous devons toujours un peu nous contrôler lorsque nous passons ensuite par la salle d’attente de l’oncologue. Mais je me dis alors : “Pourquoi n’auraient-ils pas eux aussi la bonne nouvelle ?”. La médecine évolue très vite. Regardez mes résultats.

SANTÉ ET CONDITION PHYSIQUE

Je n’ai jamais été sportif. Mais je suis plus souvent essoufflé depuis mon diagnostic. Je suppose que le cancer du poumon est un diagnostic encore plus terrible pour les joggeurs et les cyclistes invétérés. Et si je suis vite essoufflé, c’est peut-être aussi dû aux kilos que j’ai pris.

DIÉTÉTIQUE ET NUTRITION

“Attention. Vous allez beaucoup maigrir avec la chimiothérapie.” m’avait-on dit. Je m’y suis donc préparé. Je mangeais beaucoup parce que j’allais quand même maigrir. Rien du tout ! Au contraire, j’ai beaucoup grossi. J’ai pris dix kilos en trois mois. Et j’ai beaucoup d’appétit, encore plus qu’avant ma chimiothérapie. J’ai déjà suivis des régimes tout au long de ma vie. Guérir du cancer est désormais ma priorité.

VOYAGER

Ma passion, c’est la moto. Je roule toujours autant. Mais, avec notre petit groupe, nous allions toujours camper. Maintenant je ne le fais plus. Je vais plutôt à l’hôtel. Mais qui sait, cela reviendra peut-être ? Rien de mieux que la liberté de monter sa tente.

J’envisage désormais d’acheter un mobilhome. Pour pouvoir partir avec mon amie. C’est désormais possible, car je travaille beaucoup moins qu’auparavant. Avant, je ne prenais que deux semaines de vacances par an au maximum.

TRAVAIL

Je prendrai ma pension plus tôt

J’ai un magasin d’alimentation. Je voudrais travailler encore trois ans, j’aurai alors 65 ans. Et je travaille depuis que j’ai quinze ans. Une carrière de cinquante ans, c’est suffisant. Avant le diagnostic, il me restait donc encore trois ans pour préparer ma succession. Davantage même, car je pensais travailler jusqu’à 67 ans. Mais ce ne sera pas le cas.

Depuis deux ans, mon fils travaille aussi au magasin. Pour lui, tout s’est précipité. Il doit désormais aller acheter ses produits lui-même, aller lui-même à Paris. Goûter lui-même au marché quel fruit a le plus de goût. Je l’accompagne encore de temps en temps pour contrôler, mais c’est tout. Il s’en sort parfaitement. Et je ne pourrais plus trimbaler toutes ces caisses moi-même.

FINANCES

En tant qu’indépendant, je me suis toujours bien assuré. Un accident est vite arrivé. Une chute en moto, ou d’une échelle. Mais je n’avais jamais pensé au cancer. Je suis le premier cas dans toute la famille.

Grâce aux assurances, mes frais médicaux sont couverts. Et depuis quelques temps en Belgique, les indépendants bénéficient d’une meilleure protection. Nous critiquons souvent notre gouvernement, mais il faut bien l’admettre : lorsqu’on tombe malade, les coûts sont supportables.

Les perspectives d’avenir de Alain

Croyez à ce que vous faites. Soyez positif. Et n’hésitez pas à expérimenter. Mon fils avait lu que les huiles essentielles pouvaient aider. Pourquoi pas ? J’en ai d’abord parlé avec mon oncologue.

Ce qui m’a aidé ? J’ai des amis qui ont brûlé des chandelles dans des temples en Thaïlande. Mon fils m’a donné des huiles. Personnellement, je crois plus à ma chimiothérapie. Mais peut-être était-ce autre chose ? Ce qui compte le plus, c’est de croire à sa guérison.

Soyez confiants. Et faites confiance à vos médecins. Profitez de la chaleur de votre entourage. Et relativisez.

 

Témoignage recueilli en octobre 2016

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